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Etape du soir à la ferme écologique. Un couple de jeunes vietnamiens a tourné le dos aux lumières de la ville et fait son retour à la terre accompagné d’un vieil américain. Modèle réduit, regard vif, Quang déborde d’idées et en réalise beaucoup. Cachées dans une vallée perdue, à l’écart de la route plusieurs grosses maisons thai plantées sur pilotis accueillent des hôtes de passage. Sur le plancher de bois bien équarri, d’épais matelas enveloppés de moustiquaires frémissant sous la brise, les fenêtres basses donnent sur le jardin ordonné : ananas et hibiscus se faufilent entre les rangées de longaniers et de litchis, un enclos palissé empêche les poules errantes de picorer le tronc des papayers et les pousses de salade. Quang étale sur nos lits les couvertures chinoises épaisses et moelleuses au son léger d’un piano. Décalage.

Les feux s’allument dans les collines autour et les grillons crissent doucement en contrebas dans l’herbe humide. Queue à la douche dans le noir, mais l’eau est chaude et les effluves de savon et de shampoing remplissent de bien-être.

A la queue leu leu, descente vers la maison pour un festin familial. Les voisins passent dire bonsoir. Répandus sous la véranda sur des nattes trop dures nous goûtons les alcools maison.

Quang essaie d’inciter ses voisins à se remettre à l’agriculture et à pratiquer le biologique. Dans la vallée fermée à la mauvaise réputation (on dit qu’il y a des fantômes) il dirige une équipe d’une vingtaine de personnes qui croient en lui. Il est persuadé qu’on peut très bien gagner sa vie à la ferme et ne veut pas entendre parler de retourner à la ville ou travailler dans l’industrie.

 

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