Du  17ème étage, de notre hôtel vue sur la brume pékinoise. Du 19ème où est servi le petit-déjeuner, le soleil ne perce pas sur les toits massifs de la Cité Interdite. Leur rouge sombre se fond dans le gris des brouillards qu'on espère matinaux.

Nous louons deux vélos à l'hôtel, au prix d'une voiture ailleurs, pour explorer la zone des parcs et des lacs autour du Palais Impérial. Balade le long des douves où se reflètent l'or léger des gingko biloba et les atypiques frondaisons des saules pleureurs. Massives murailles crénêlées d'un côté, maisons de thé transformées en locations de petits bateaux de l'autre. Aux portes d'entrée, un afflux massif de touristes. C'est dimanche, on verra demain pour les visites. Il faudra bien accepter ne pas être seuls sur un tel site.

 

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Le sentiment de puissance est omniprésent : dans la taille des lieux, les infrastructures compliquées et parfaites, la beauté des lacs tarabiscotés sertis de barrières de marbre blanc sculptées, les avenues larges et ombragées. Tout parle d'une civilsation majeure. Hanoi est si provinciale, si fantasque et inachevée à côté. Le contraste frappe en plein.

Le vélo dans cette zone, c'est juste parfait pour se faufiler partout. Dans les ruelles des Hutong, à travers les places, le long de la rivière. Quand c'est joli, on le pose et on marche.

Le "thermique" de JP a pris deux tailles dans la matinée. Contact direct avec la qualité chinoise. Il doit le tenir d'une main pour marcher et de l'autre rattraper son bonnet qui s'échappe par le haut. La promenade devient chaotique, la température chute et chute, le vent se lève en rafales. Repli dans un petit café où il n'est même pas question d'enlever les manteaux. Risées sur l'eau grise comme le ciel, les saules secouent leurs crinières comme des chevaux sauvages.

Je crois que nous allons retrouver le confort de l'hôtel avant la fin du programme prévu pour la journée..