24 dec

Le jour éveille les contours ocres du fort de Mehrengarh au-dessus de Jodhpur la bleue. La clameur de la ville ne cesse pas de la nuit, klaxons trompettants, corne puissante et plaintive des trains qui chassent les vaches des rails, muezzins aux diatribes sonores et interminables. Il n'y a pas de repos dans ces ruelles étroites, grouillantes et parsemées de bouses fraîches dont l'odeur d'étable incurée prend les narines. Marcher est un sport épuisant, où la tête et les oreilles payent le prix maximum.

Comment lever le nez vers les façades délicatement ouvragées des havelis, quand le concert strident des rickshaw et des motos paralyse le cerveau et vrille les nerfs, quand le flux des passants et des véhicules ne laisse qu'un maigre espace contre les murs et sur les pas de porte des échoppes ?

 

Jodhpur (197)DGD

Bousculés, harangués, hélés, harcelés par les vendeurs d'épices et de tissus, arnaqueurs professionnels de touristes sidérés par les châles en vigogne comme tu n'as jamais vu, les écharpes en cashmere, en pashmina comme tu n'en verras plus, les étoles en poil de yak et soie comme chez Armani et sur Carla Bruni et toute cette belle marchandise cent fois, mille fois moins chère que chez Dior ou Hermès dont ils sont les pourvoyeurs officiels, madame, ne laisse pas passer cette chance inespérée de posséder, consommer, accumuler, étaler les tissus, les tissages, les brocards, les soieries, les broderies des puissants, des peoples et des riches.

Et les voilà qui tissent sans se lasser les ficelles qui commandent la psychologie du voyageur qui fait et achète le Rajasthan.

 

 

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