Muong Lay sous la pluie continue. Une bourgade bourbeuse perchée au bord d'un lac de barrage de 25 km de long. Le fleuve Noir y déverse calmement ses eaux vertes. Encaissées entre les pitons couverts de jungle sombre, le lac étale des eaux fluorescentes sur lesquelles de fines pirogues glissent comme des guérisses géantes.

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L'hôtel est à la hauteur des établissements Viets qui souhaitent se montrer modernes et luxueux, mais ont tout faux. Tout part en cacahuète. Les chauffe-eaux sans eau chaude, les cadres représentant des mésanges dans les sous-bois accrochés sous le plafond, la sauterelle géante qui s'accroche á l'interrupteur et ne veut pas en démordre, les cadres de fenêtres bouchés par des sacs en plastique, la salle de restaurant monumentale et vide aux chaises à la tapisserie sale et fanée, les globes de lampes qui servent de réservoir d'insectes grillés, le personnel fuyant et incompétent, l'odeur de moisi omni-présente.

Et malgré ce constat, un sentiment de reconnaissance pour trouver dans ce coin si perdu un lit aux draps blancs, une cuisinière qui nous prépare des nems et un karaoke pour animer une soirée qui s'annonçait morne !

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