Bangkok un weekend de pluie, ciel de bitume et larges flaques où mes ballerines boivent la tasse. Bangkok sous la fraicheur, ambiance inattendue, pull oublié, et où, donc je me pèle.

 

Entre les cataractes, de la bruine. Aux fenêtres du Skytrain glaciaire, les films plastiques des publicités retiennent les gouttes et bouchent la vue. Ballade en frigidaire d’où j’émerge en éternuant. Un œil maussade sur mes pieds déteints par le cuir détrempé, œil envieux sur les claquettes environnantes. J’ai tout faux.

 

Le soir, heureusement, il y a Nima et ses petits coins à elle : une terrasse en bois au-dessus de la Chao Praya, quelques jolies tables et un verre de vin avec pour seul vis-à-vis le vaisseau d’or du Wat Arun prêt à s’élancer vers le ciel.

 

 

The_Magnificent_Wat_Arun_by_destination_aquarius

 

 

Ou encore un restaurant de quatre tables qui sert des tortillas aux épinards et des filets de bars en croûte de pistaches à se damner. Mais comme les quatre tables sont prises, nous dînerons accroupis sur le trottoir au ras des klaxons, sous le haut-parleur hurlant du café d’a côté.

 

Retour à Hanoi dans la maison sombre. Même pluie fraîche qu’en Thailande et même ciel de plomb. Je manque de lumière !! J'ai envie de découper un cercle dans ce couvercle cotoneux pour aller pêcher un rayon de soleil. Alors pour penser à autre chose j'ai ouvert les vannes a la Symphonie du Nouveau Monde qui par toutes les fenêtres déferle sur la cour, rebondit sur les façades du compound et dilue  la pénétrante sensation d'être un champignon sous le couvert des palmes détrempées.

Pour une fois, le bruit, c’est moi !